La Course Camarguaise, vous avez dit culture ?

En Camargue, si vous entendez les termes « raset court », n’y voyez aucune signification capillaire. Car le monde de la bouvine a son langage, son identité, et c’est ce qui le rend à la fois mystérieux et fascinant.

Flamant Rose © S. Lucchese

Flamant Rose © S. Lucchese

A l’évocation de la Camargue, on voit des taureaux, des flamants roses, du sable, des lagunes, des chevaux, des salins… On pense paysages sauvages baignés de vent et de soleil, grandes étendues lagunaires et sableuses.

Ah, la culture de la « fe di biou » c’est quelque chose ! Identitaire et passionnée, portée bien haut dans le Gard, les Bouches du Rhône et l’Hérault, par tout un peuple.

Dans les manades, les meilleurs taureaux deviendront cocardiers, simbeu… suivant leur morphologie, leur endurance, leur combativité, leur mental… et ils feront le show dans les arènes des villes et villages lors des fameuses courses camarguaises.

Manade © S. Lucchese

Manade © S. Lucchese

Le manadier (l’éleveur de taureaux) observe les aptitudes naturelles du taureau et entrevoit au bout de 4-5 ans tout le potentiel de ce dernier. C’est à l’âge de 7 ans que les meilleurs taureaux de la manade seront sélectionnés pour devenir « cocardiers » et participer aux courses camarguaises. Dans ces dernières, le taureau est un roi. On salue d’ailleurs chacune de ses belles prestations par un morceau choisi du Carmen de Bizet.

Le concept de la course camarguaise est relativement simple mais nécessite une bonne formation des raseteurs en école spécialisée pour acquérir techniques, souplesse et rapidité. La moindre erreur pourrait leur être fatale. Au préalable, le manadier aura pris soin de placer « les attributs » sur les cornes du taureau : cocarde, glands et ficelles sont autant d’éléments que les raseteurs, de blanc vêtus, devront enlever dans l’ordre à l’aide d’un crochet homologué et qui leur feront gagner des primes.

La course camarguaise se compose de 6 taureaux qui resteront en piste 15 minutes maximum, quand bien même il leur resterait certains attributs. Par contre, si tous les attributs sont ôtés avant ce délai, le taureau rejoint le toril et laisse la place au suivant.

Course Camarguaise Promesses de Taureaux © S. Lucchese

Course Camarguaise Promesses de Taureaux © SL

A la première sonnerie de trompette, le taureau entre dans l’arène, fait son tour de piste en guise de reconnaissance et cherche son positionnement. Puis entrent en scène les raseteurs et le tourneur – ancien raseteur dont le rôle est d’attirer l’attention du taureau et de le positionner au mieux pour préparer le « raset ». Et le raseteur de frôler le taureau pour lui ôter ses attributs avant de se dégager vers la barrière, suivi dans sa course par les cornes du cocardier… mieux vaut ne pas trébucher…

 

Si le taureau se refuse à rentrer au toril au bout des 15 minutes, on envoie le Simbeu, un taureau qui, à l’image d’un chien de berger, sonnaille autour du cou, conduit la manade et se fait respecter.

De mars à novembre, se déroulent plusieurs compétitions de courses camarguaises : La Royale, le concours de manade, la course de ligue, le trophée des As… qui récompensent manades, taureaux (ou vaches cocardières) et raseteurs.

Une nouveauté pour 2017, la mise en place d’un calendrier de courses camarguaises hors compétition. Ces courses du concept « Promesses de Taureaux » ont pour but de tester les aptitudes des cocardiers en devenir, mais aussi d’initier les néophytes, scolaires, touristes, à cet univers au travers des commentaires de manadiers, raseteurs… passionnés. Une réelle occasion de découvrir cet univers empreint des traditions camarguaises.

Site de la Fédération Française de Courses Camarguaises

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2 Responses to La Course Camarguaise, vous avez dit culture ?

  1. josette rennesson 25 juillet 2017 at 10 h 06 min #

    j’aime votre article; vous ne citez pas ces statues de taureaux dans certaines villes comme Lunel:quand j’étais gamine , je me souviens de tous ces gens de Lunel qui étaient heureux d’annoncer que Mireillette avait un petit!!quelles belles traditions josette rennesson_herbier

  2. wordsab 25 juillet 2017 at 10 h 33 min #

    Merci Josette pour votre commentaire. Je ne peux malheureusement pas tout dire, sinon ça deviendrait un guide 😉 Et ainsi ça invite à poursuivre la découverte.
    Vous avez raison, certains grands cocardiers sont vénérés tels des héros. Il y a d’ailleurs une belle statue de Barraie, plusieurs fois Biou d’Or, au pôle oenotouristique Viavino à Saint-Christol.
    Au plaisir, Sabrina

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